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Le premier mythe complotiste de l’Histoire

De Pascal à Michelet, jusqu'à l'anticléricalisme du début du XXe siècle, le mythe jésuite est à l'origine de toutes les théories du complot. Notre partenaire Codex y consacre son dernier numéro.
Christophe Dickès
Publié le 25/04/2019

La Compagnie de Jésus naît dans un monde en mutation rapide et dans un espace religieux déchiré par la Réforme protestante. Conformément au vœu d’Ignace de Loyola, elle est une réponse à la crise que traverse le christianisme occidental. Ses succès sont nombreux. Mais elle collectionne, aussi, de féroces ennemis. Ces derniers, très variés, sont, au fil des siècles, protestants, jansénistes, gallicans, royalistes, bonapartistes, républicains, libéraux ou socialistes… Les combats menés par l’Ordre s’y prêtaient. Ses spécificités aussi. Ni vraiment moines ni vraiment clercs séculiers, membres d’une congrégation internationale hiérarchisée, soudés par l’obéissance à un « général » et liés au pape par un vœu spécifique, les jésuites brouillent les repères traditionnels. Ils fascinent au moins autant qu’on les déteste. Au point d’alimenter un imaginaire conspirationniste. Mais le mythe ne surgit pas ex nihilo d’un cerveau dérangé. Il est le résultat d’un faisceau d’attaques et de rumeurs provenant d’horizons et d’intérêts différents. Dès le XVIe siècle, ces dernières créent un climat d’accusations et de rejets, une légende noire qui bascule dans un système d’explication globale sans rapport avec l’activité réelle de la Compagnie. Encore moins avec ses buts religieux que ses adversaires s’appliquent à gommer. Le mythe antijésuite est d’abord un mythe politique. Il fait des jésuites les premiers boucs émissaires d’un monde en gestation et pose le cadre psychologique et conceptuel des futures théories du complot. Ce mythe est présenté dans la revue Codex, partenaire de Storiavoce.

Aussi sommaire de la revue Codex #11

Priscille de Lassus :  Après des études littéraires et une école de journaliste, Priscille a commencé par travailler chez Radio Classique au service Actualités. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef de Codexun livre-magazine qui raconte l’histoire du christianisme avec pédagogie et curiosité. Codex, partenaire de Storiavoce, assume sa fibre pédagogique et une grande honnêteté intellectuelle, sans avoir peur des controverses. Une trentaine d’universitaires composent le conseil scientifique. Priscille prête régulièrement sa plume à d’autres revues culturelles : L’Objet d’artArchéologiaArt et métiers du livreLes Vieilles maisons françaises

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