La Grande Illusion de 1914

 

G. H. Soutou

G. H. Soutou

Alors que les commémorations de la Guerre 1914-1918 battent leur plein en écartant  la dimension politique du conflit, le professeur George-Henri Soutou nous propose une « histoire vue d’en haut ». Au devoir de mémoire, il préfère le devoir d’histoire. Alors que la mémoire est sélective, l’histoire, elle, veille à démêler l’écheveau complexe des causes et des conséquences sans en omettre les clés politiques . Or, dans le flot de publications et d’événements entourant la Grande Guerre de 1914, il existe un absent. Il manque au tableau du poilu dans les tranchées, des bombardements et des taxis de la Marne, un adverbe: pourquoi? Pourquoi la France a t’elle fait la guerre et surtout dans quels buts? Dans cette émission le professeur émérite Georges-Henri Soutou répond à ces questions en décrivant les buts de la politique française avant et pendant le conflit. “On fait la guerre, dit l’adage, pour avoir la paix. C’est à dire pour rentrer dans la légalité des relations internationales”.  Or, la France, après avoir gagné cette guerre, a perdu la paix. Ce n’est pas la moindre des qualités de ce livre que de réévaluer la critique des traités de 1919, notamment et surtout, celui de Versailles.

Georges-Henri Soutou, La Grande illusion – Quand la France perdait la paix 1914-1920, Tallandier, coll. Texto, 384 pages, 10€.

En savoir plus…

  • Mieux connaître Georges-Henri Soutou, membre de l’Institut de France  ou sur le site de la Sorbonne.
  • Sur le site des éditions Tallandier: lien.
  • Les livres de G. H. Soutou sont disponibles ici.

One Comment

  1. Introduction malhonnête de la part du journaliste.
    Primo, l’esprit du programme d’histoire en classe de Première – qu’on peut tout à fait critiquer -, c’est d’aborder les différentes thématiques sur le long terme (par rapport une histoire contemporaine qui ne s’étend que sur deux siècles) : croissance et mondialisation de 1850 à nos jours ; la guerre au XXe siècle ; les Français et la République de 1880 à 1960. Bref, en fusionnant des thématiques de Première avec d’anciennes thématiques de Terminale, tout en conservant le même volume horaire, on est obligé de réduire la part dévolue à l’événementiel. Ce qui ne signifie pas qu’il disparaît pour autant.
    Secundo, dans l’étude des espoirs de paix, le programme demande de s’arrêter sur l’histoire de la SDN, ses succès, ses limites, ses échecs. Je ne vois pas bien comment un professeur pourrait enseigner l’histoire de la SDN sans faire la moindre référence au traité de Versailles. Comment étudier la résolution d’un conflit frontalier (par exemple la Sarre), comment observer l’impuissance de la SDN face aux coups de force des dictatures (la liste est longue de la part de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon) sans se reporter à la nouvelle carte du monde dessinée en 1919. Consultez les pages des manuels dédiées à l’histoire de la SDN et vous verrez des cartes de l’Europe de l’entre-deux-guerres, donc de l’Europe de Versailles.

     

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