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Alexandre Millerand : le président des ouvriers

Grand oublié de l'histoire, l'homme d'État Alexandre Millerand a pourtant suivi un impressionnant parcours, qui l'a mené jusqu'à la présidence de la République. Difficilement classable sur l'échiquier politique, il a fait de la condition ouvrière l'un de ses grands combats. Entretien avec Jean-Philippe Dumas.
Mari-Gwenn Carichon
Publié le 12/07/2022

En 1899, sous la IIIe République, le député socialiste Alexandre Millerand (1859-1943) est nommé ministre du Commerce et de l’Industrie. Le gouvernement Waldeck-Rousseau est composé d’hommes de sensibilités politiques très différentes. Avec l’arrivée de Millerand au pouvoir, c’est la première fois depuis le début de la IIIe République qu’un socialiste siège au gouvernement, et le jeune homme politique est loin de faire l’unanimité même dans sa famille politique. «  J’étais hanté du souci que l’arrivée au pouvoir d’un socialiste fût marquée pour les travailleurs par une amélioration tangible de leur sort », note-il dans ses Mémoires. Brillant avocat, politique ambitieux à la carrière remarquable (député à 25 ans, ministre de la Guerre, président du Conseil, président de la République), il incarne une troisième voie entre le socialisme et le libéralisme. Comment a-t-il œuvré pour l’amélioration des conditions de travail des ouvriers ? Comment évolue sa pensée politique jusqu’à son élection à la présidence de la république ? Son parcours est-il particulièrement remarquable par sa réussite ?

L’ invité : Jean-Philippe Dumas est historien, ancien chartiste, conservateur général du patrimoine au ministère des Affaires étrangères et chercheur associé à l’École pratique des hautes études. Spécialiste d’histoire politique des XX et XXe siècles (L’État, moteur du progrès ; le ministère du commerce et de l’industrie, 1870-1914), Il vient de publier Millerand, un combattant à l’Élysée (2022, CNRS éditions, 384 pages, 26,00€).


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