Brejnev, dictateur et antihéros…

 

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Quand on demandait à Khrouchtchev s’il considérait que Léonid Brejnev pouvait être son dauphin, il répondait goguenard et moqueur : « N’importe qui, sauf cet imbécile… ». Né en Ukraine en 1906, Léonid Brejnev, succède pourtant au bouillonnant Nikita Khrouchtchev en 1964. Or, étrangement, Brejnev n’apparait pas comme une grande figure du panthéon des génies du communisme soviétique : ambitieux, fourbe, pleutre… Certains le considéraient comme « une carpette », un « beau parleur » et « une personnalité sans personnalité. » Storiavoce vous propose un autre regard sur ce personnage qui est resté pas moins de dix-huit ans au pouvoir. Brejnev était-il un vieillard sénile? Un gendarme qui a écrasé le Printemps de Prague et occupé l’Afghanistan ? Etait-il un cynique qui a laissé prospérer la corruption, les pénuries et a plongé son pays dans la « stagnation ? Ou bien était-il un héros militaire qui a ressoudé les Russes ou bien même un diplomate rusé qui a tout simplement éloigné le spectre de la Troisième Guerre mondiale ? Andreï Kozovoï est l’invité de Christophe Dickès.

Notre invité : Andreï Kozovoï est maître de conférences à l’université de Lille. Historien et traducteur, il a récemment participé à l’ouvrage collectif Une journée avec (sous la direction de Franz-Olivier Giesbert et Claude Quétel) publié chez Perrin. Chez le même éditeur, il vient de publier Brejnev, l’antihéros (400 pages, 24€).


4 Comments

  1. C’était cool la période Brejnev ! Il avait de l’humour le Leonid, il lisait Essenine et Maïakovski. Ukrainien, il n’avait gardé aucune mémoire de l’Holodomor et conservait une franche admiration pour Staline son organisateur. Pas un idéologue, non ! Pas un Nikita Khrouchtchev, cet autre ukrainien, un “Monsieur Da”, lui ! (Traduction : un Mister pas de vague.) Il avait le souci du peuple – contrairement à Hitler, il ne souhaitait pas que celui-ci soit privé de petit déjeuner. Ce fut une ère de consommation en URSS où l’on consommait tant que s’allongeaient les queues devant les magasins… Pacifique avec ça, il était ! Il internait les dissidents en asiles psychiatriques, parce que les dissidents n’étaient pas cools et pragmatiques, eux – donc, fous, bien entendu. Et d’exporter la paix en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Afrique, en Afghanistan. Le drame, voyez-vous, c’est qu’il a perdu ses meilleurs copains : Nixon, Pompidou, notamment ; il n’a pas pu continuer avec eux de jouer à la belotte menteuse. Comme c’est triste ! et puis la maladie… Et surtout, il a compris qu’il fallait surtout ne pas réformer le système totalement pourri, sinon chômage, etc. C’était chouette l’Union soviétique ! Je vous remercie Monsieur Dickès pour cette émission vintage qui m’a plongé dans une profonde nostalgie.

     
  2. Autre geste d’ouverture pacifiste du sympathique camarade Brejnev que l’on a oublié de mentionner en cours d’émission, l’installation des missiles SS-20 qui pouvaient atteindre l’Europe occidentale… On observe là, comme du reste en Afrique ou en Afghanistan, combien le président du Præsidium du Soviet suprême de l’URSS, faisant fi de toute idéologie et de toute expression intempestive de volonté de puissance, se concentrait en “bon manager” sur la politique intérieur.

     
  3. 1) fils et petit-fils de prisonniers politiques (des deux côtés), ma famille a souffert du régime soviétique sous Staline / Khrouchtchev / Brejnev. M’accuser de “brejnevophilie” c’est donc assez risible.
    2) avant de rédiger un avis négatif, il faut faire l’effort d’aller lire mon introduction – ma problématique se trouve p.17-18. “Mon objectif a été de percer le mystère de la longévité de Brejnev” etc.
    3) comme je l’écris dans mon intro, j’ai publié un Tempus sur l’histoire russe en 1953-2016. J’y parle du contexte général, des violations des droits de l’homme, etc.

     
  4. Christophe Dickès

    Bonjour, merci pour votre commentaire. Je vous renvoie à la réponse de l’auteur. J’ajoute l’élément suivant: le terme de “bon manager” ne renvoie pas à ses actes que vous dénoncez mais à sa façon de gérer les personnes qui l’entouraient. Ce qui n’est pas la même chose. Brejnev n’est pas Staline dans sa façon de travailler avec ses proches. Ce que l’on découvre en lisant le livre. Par ailleurs, l’émission mentionne bien que tous les éléments d’un régime à bout de souffle pour ses erreurs et ses incohérences étaient en place pour provoquer sa chute à terme. Bien cordialement. CD.

     

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