La chute de Rome n’aura pas lieu

 

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Dans un livre paru il y a plus de trente ans, l’historien allemand Alexander Demandt avait recensé la totalité des théories permettant d’expliquer la chute de l’Empire romain. Il arrivait à un total assez surprenant de 210 hypothèses!  Certaines relevaient d’explication sérieuses: le déclin de la ville de Rome, les problèmes économiques ou fiscaux, la corruption politique… autant d’idées qui restent encore au centre des recherches de nombreux historiens. D’autres relevaient davantage de la sociologie: la chute de l’empire s’expliquerait ainsi par l’émancipation des femmes, par le relâchement des mœurs ou encore par l’influence de religions comme le judaïsme ou le christianisme. Enfin, d’autres thèses plus farfelues étaient avancées comme les épidémies, l’abandon des terres ou encore le changement climatique… Avec ces explications multiples, lhistoire de la chute de Rome nous apparaît ainsi sans fin. Faisant les choux gras des éditeurs, le sujet est d’autant plus prégnant qu’il règne aujourd’hui comme une atmosphère de fin d’époque ou de décadence relayées non seulement dans la presse, la production éditoriale mais aussi dans ces arènes plus passionnées que passionnantes que sont les réseaux sociaux. Aujourd’hui, deux thèses s’affrontent principalement: celle brillamment exposée par le livre de Michel de Jaeghere, Les derniers jours (Belles Lettres/Perrin Tempus). L’auteur y explique que la chute de Rome est identifiée dans le temps, qu’elle provoqua la fin d’une civilisation, le passage d’un monde à un autre. D’autres, dans la lignée de l’historien Henri Irénée Marrou ou plus récemment de Peter Brown, estiment au contraire qu’il existe une antiquité tardive et que la transition vers le monde médiéval occidental se fit sur le temps long. En vue d’alimenter ce débat, Storiavoce reçoit un historien en faveur de cette dernière thèse, Bertrand Lançon, auteur de La Chute de Rome, une Histoire sans Fin (Perrin). Bertrand Lançon est interrogé par Christophe Dickès.

L’invité: Bertrand Lançon est professeur d’histoire romaine à l’université de Limoges et chercheur invité à l’université de Caroline du Nord (Charlotte, Etats-Unis). Ses travaux portent sur les empereurs des IVe et Ve siècles. Auteur de nombreux ouvrages, il a publié récemment chez Perrin, La Chute de l’empire romain, Une histoire sans fin. Il est aussi l’auteur d’une monographie consacrée au premier empereur romain baptisé dans le catholicisme, Théodose , chez le même éditeur.

Attention, la vidéo ci-dessous est une reprise de l’enregistrement audio. l’image est donc fixe.

4 Comments

  1. Rome a chuté lentement, donc elle n’a pas chuté ; l’Europe est envahie lentement, donc elle n’est pas envahie.

    Les historiens qui se pencheront sur les XXe et XXIe siècles seront stupéfaits par la capacité de déni de nos contemporains.

    Elle est encore béante, cette plaie de la Seconde Guerre Mondiale : la dissonance cognitive.

     
  2. La chute de Rome , comme d’autres … Est la démocratie !
    Idem pour Napoléon, Hitler …

     
  3. L ‘ Histoire ne sert rien …
    L’Archéologie sert l’ Histoire …

     
  4. Rappelons, pour ramener à la réalité les amis du désastre qui contestent qu’il y ait eu une chute de Rome, que nous avons des indicateurs très concrets de cette chute : kilométrage de voies entretenues, taille et technologie des bâtiments, diffusion du savoir etc.

     

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