De quoi la fille aînée de l’Eglise est-elle le nom?

 

Dans le livre de Jacques Le Goff, L’Europe est-elle née au Moyen-Âge, le grand historien écrivait que notre continent ne pourrait se construire que s’il tenait compte de son histoire : « Une Europe sans histoire serait orpheline et malheureuse. Car aujourd’hui vient d’hier et demain sort du passé. Un passé qui ne doit pas paralyser le présent, mais l’aider à être différent dans la fidélité, et nouveau dans le progrès. » A sa façon, c’est-à-dire en pape enseignant qu’il était, Benoît XVI avait dit exactement la même chose au collège des Bernardins en 2008, devant le Parlement anglais à Westminster en 2010 ou bien encore au Bundestag l’année suivante. Son prédécesseur, Jean-Paul II s’adressa, lui, à la foule rassemblée sur le tarmac de l’aéroport du Bourget. Nous étions à la veille de l’été en 1980. C’était à la fin de son homélie et le pape s’excusa presque de poser la question : « France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » Cette question suivait une réflexion sur les liens des hommes avec leur passé : « Il n’existe qu’un problème, celui de notre fidélité à l’alliance avec la sagesse éternelle, qui est source d’une vrai culture, c’est-à-dire de la croissance de l’homme, et celui de la fidélité aux promesses de notre baptême. » Storiavoce vous propose de répondre à une question assez simple pour qui aime l’histoire de France : De quoi la fille aînée de l’Eglise est-elle le nom ? Est-ce une construction romantique du XIXe siècle, en réaction à l’anticléricalisme des révolutions ? Est-ce au contraire une réalité historique ? Peut-on ainsi poser des jalons dans l’histoire appuyant l’idée d’une permanence religieuse de la France? Auteur de Ainsi Dieu choisit la France, l’historien Camille Pascal répond aux questions de Christophe Dickès.

L’invité: Camille Pascal est agrégé d’histoire. Après avoir enseigné en Sorbonne et à l’EHESS, il a été le collaborateur de plusieurs ministres dont François Bayrou, directeur de cabinet de Dominique Baudis au CSA puis secrétaire général du groupe France Télévisions. En 2011, il devient conseiller du président de la République Nicolas Sarkozy, en charge des médias. Il siège au Conseil d’État depuis juin 2012. Il est l’auteur, chez Plon, de Scènes de la vie quotidienne à l’Elysée et des Derniers mondains. Il vient de publier Ainsi Dieu choisit la France (Presses de la Renaissance, 300 pages, 18€), un livre dont le titre est un extrait d’une lettre de Grégoire IX, pape de 1227 à 1241. Dans l’ouvrage, l’auteur prend délibérément le style du roman national.

Attention, cette vidéo est une reprise du fichier son. L’image est donc fixe. 

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