De Flavius Josèphe à Michel Onfray: réalité du Christianisme.

 

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Nous sommes dans les premiers siècles de notre ère, au tout début du troisième siècle très exactement, dans une prison romaine, une femme chrétienne est sur le point d’accoucher. Image paradoxale puisque, alors que cette femme est sur le point de donner la vie, elle sait qu’elle va la perdre en martyr, dévorée par des bêtes. Son nom est Félicité. Alors que pendant l’accouchement, elle se met à crier et à exprimer toute la douleur qui est en elle, un geôlier s’approche et la raille : « Toi qui souffres ainsi maintenant, que feras tu quand tu seras exposée aux bêtes ! » Félicité lui répond : « Maintenant, c’est moi qui souffre ce que je souffre ; mais là bas, il y aura quelqu’un d’autre en moi qui souffrira pour moi, parce que moi aussi je vais souffrir pour Lui. » Cet autre, ce Lui est bien évidemment le Christ lui-même. Félicité savait qu’elle allait en quelque sorte communier en donnant sa vie pour lui, pour sa foi…

Storiavoce vous propose aujourd’hui de partir à la découverte des premiers chrétiens : qui étaient-ils, comment vivaient-ils ? Quels sont les éléments qui favorisent leur essor et leur développement ? Comment, au fond, l’Eglise s’est-elle construite dans les premiers temps ? Pour répondre à ces questions, Christophe Dickès interroge Jean-Marie Salamito, professeur à la Sorbonne. Co-directeur de l’édition de textes « Premiers écrits chrétiens » paru dans la Pléiade, Jean-Marie Salamito est aussi l’auteur d’un essai qui est une réponse au livre de Michel Onfray, DécadenceMichel Onfray au pays des mythes (Salvator). Il évoque ce dernier travail dans la troisième partie de cette émission. Enfin il rend hommage au livre de Enrico Cattaneo, Les Ministères dans l’Eglise ancienne paru aux Editions du Cerf.

L’invité du jour: Jean-Marie Salamito est professeur d’Histoire antique à Paris IV-Sorbonne et co-directeur adjoint de l’Ecole doctorale “Mondes anciens et médiévaux”. Ancien école de l’Ecole normale, ancien membre de l’Ecole française de Rome, il est aussi  co-directeur des collections « Bibliothèque augustinienne » et « Nouvelle bibliothèque augustinienne ». Il a codirigé avec Bernard Pouderon et Vincent Zarini l’édition de textes des Premiers chrétiens dans la prestigieuse collection La Pléiade (Gallimard). Il vient aussi de publier Michel Onfray au pays des mythes (Salvator)

Attention, la vidéo ci-dessous est une reprise de l’enregistrement audio. l’image est donc fixe.

2 Comments

  1. Je comprends qu’il y ait un intérêt historique et sentimental à travailler sur le bureau de Louis-Irénée Marrou. Ceci dit, pour moi cet historien a été ce qu’ont été Descartes et Kant en philo. Il a fait un renversement de la recherche historique. Pour lui les faits bruts étaient secondaires. Pour comprendre l’histoire, il fallait “entrer en sympathie” avec le sujet et la période étudiée. Ceci a entraîné une forme de relativisme dont des historiens comme Michelet avaient auparavant puis postérieurement fait leur beurre. On a alors inventé l’histoire en relatant ce que l’on en pensait. L’idéologie a remplacé les faits. D’où un certain nombre de légendes souvent très mal documentées. Puis bien sûr, de dérive en dérive, on arrive on arrive au Da Vinci Code : des curieux par centaines venaient rechercher la signification de l’ancien méridien passant au milieu de l’Eglise Saint Sulpice, et les personnes creusant en douce autour du château de Gisors à la recherche du trésor des Templiers. Bref, Marrou, une vision très anti-bainvilienne de l’Histoire.

     
  2. Concernant les index de M. Onfray, c’est sans doute une conséquence de l’indexation automatique proposée par les logiciels tels que Word qui ne sont pas encore tout à fait au point (j’en parle en connaissance de cause). Au sujet de la désincarnation de Jésus, opérée par M. Onfray, c’est sans doute lié en partie par une lecture excessive d’écrits apocryphes, souvent tardifs et présentant le Christ davantage comme une divinité, un concept… Pourtant, comme l’a fait M. Salamito, une simple relecture des évangiles canoniques (sans avoir besoin d’être un grand spécialiste, et quelle que soit la traduction) aurait prouvé le contraire, ne serait-ce que les noces de Cana, la Cène, l’épisode de Marthe et Marie, la multiplication des pains, etc. Une telle énormité semble surprenante de la part d’un esprit si brillant. Il faut dire qu’il a montré la même désinvolture avec Marx… M. Onfray ne m’est pourtant pas antipathique, loin de là, mais il occupe une place médiatique telle que quelles soient ses idées, au moins, il ne devrait pas diffuser des contrevérités. Il a le droit de critiquer, de ne pas croire, mais au moins, de faire preuve d’un minimum de rigueur intellectuelle. Sinon, je lirai les deux ouvrages avec le plus vif intérêt!

     

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